Le Plan « Baker I », le Maroc accepte, l’Algérie rejette

Baker I

James Baker III

Le plan Baker I – portant le nom de James Baker, ancien  représentant Personnel du Secrétaire Général de l’ONU pour le Sahara , et ancien ministre des affaires étrangères américain-  a eu une existence éphémère, mais est néanmoins essentiel à rappeler car il a jeté les prémisses de ce qui est devenu, près de six  années plus tard, l’initiative d’autonomie marocaine pour le Sahara .
Lancé en 2001, suite à l’échec du processus d’identification des votants pour un référendum, le plan Baker I, immédiatement accepté par le Maroc, prévoyait une large autonomie pour le Sahara Occidental, sous souveraineté marocaine.
Mis à part la défense nationale et la diplomatie,  les sahraouis étaient donc, selon les dispositions de ce plan, maîtres de leur destin.
Ce plan, également appelé la « troisième voie », est en réalité une solution politique médiane, qui a été rejetée en bloc par le Front Polisario et l’Algérie. Dans son esprit, la troisième voie aura été l’avancée la plus substantielle dans le dossier du Sahara, qui n’aura malheureusement pas été couronnée de succès, l’Algérie préférant faire une contre-proposition, où le territoire serait partagé en trois (Une partie algérienne, Une Partie pour le Front Polisario, une autre pour le Maroc).
Pourtant, James Baker pensait tenir une nouveauté déterminante avec le concept de troisième voie. En effet, cette large autonomie permettait aux populations vivant dans les camps de Tindouf de revenir au Sahara, et donc de régler un drame humanitaire, tout en permettant aux dirigeants du Front Polisario et du Maroc de garder la face. Une sorte de gentleman’s agreement, avec ni vainqueur, ni vaincu, qui aurait permis une sortie de crise rapide.
Cependant, le cycle de la conciliation va rapidement coincer, car Rabat interprètera la demande algérienne de partage du territoire comme l’expression de visées hégémonistes anciennes, alors même que l’ombrageux voisin s’est toujours défendu d’être partie prenante dans le dossier, se cantonnant à un  rôle officiel de soutien au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.

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Le document de la C.I.A, objet de discorde

En réalité, Alger avait déjà fait au Maroc une proposition de large autonomie dans les années 80, comme l’a révélé un document de la Central Intelligence Agency (C.I.A), déclassifié l’été dernier.
La mise en ligne de ce document, qui rappelle que l’Algérie n’a pas toujours été aussi intransigeante, a provoqué une réaction épidermique de la presse Algérie, accusant la centrale américaine d’avoir très « opportunément » déclassifié le document afin d’aider le Maroc. Le plan Baker I aura eu néanmoins l’avantage déterminant de faire abattre toutes leurs cartes aux protagonistes du conflit, Rabat dessinant les contours de ce qui serait « acceptable » pour le royaume Chérifien , et Alger précisant ses visées sur l’Océan Atlantique et son désir que le territoire soit partagé.
Peu à peu, le conflit du Sahara, au cours de cette cruciale année 2001, glisse vers un contentieux frontalier entre le Maroc et l’Algérie, chacun des deux protagonistes s’observant, se scrutant, attendant que l’autre commette une erreur stratégique.
Entre temps, les nerfs du diplomate américain commencent à être mis à rude épreuve, et une certaine lassitude s’installe, alors qu’une formidable bataille juridique est en train de se jouer dans les couloirs des Nations Unies.
Alors que l’hypothèse d’un rapprochement marocco-algérien s’éloigne, un nouveau plan est en train d’être élaboré par Jim Baker, le « plan II », ou « plan b »…

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