Sahara occidental : nouveaux éclairages d’un rapport international

Une équipe d’experts internationaux vient de jeter la lumière sur les risques que la proposition américaine d’élargir le mandat de la Minurso aurait fait courir non seulement au processus politique de règlement au Sahara occidental, mais aussi à la sécurité et à la stabilité dans toute la région. Les experts Alex MacKenzie (University of Salford), Dustin Dehez (Global Governance Institute) et Daniel Novotny (Global Europe) ont expliqué les risques d’une telle proposition dans un rapport intitulé « la proposition des Etats Unis à l’ONU et leur politique sur le Sahara occidental, une impasse ? ». Dans ce rapport, ils qualifient de réellement « surprenante » la proposition que Washington allait présenter à l’Onu pour élargir les prérogatives de la Minurso à la surveillance des droits humains au Sahara occidental et dans les camps de Tindouf, contrôlés par le Polisario. Une proposition d’autant plus inattendue que la menace terroriste met toute la région en danger, estiment ces chercheurs.

Un élargissement des compétences de la mission de l’ONU aurait exacerbé la tension dans « un contexte marqué par une profonde méfiance entre le Maroc d’un côté et l’Algérie et le Polisario de l’autre ». Au final, cette proposition si elle avait été maintenue aurait englué la Minurso dans un engrenage d’échanges d’accusations entre le Maroc et le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, repoussant ainsi la résolution du conflit aux calendes grecques. Les trois chercheurs rappellent les mises en garde du secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon contre les risques de débordement de la crise malienne au Sahara occidental. Le Mali « n’est qu’un exemple de ce que les extrémistes et les terroristes sont capables de faire quand le pouvoir central est affaibli et l’armée désorganisée. La crise au Mali fournit une preuve supplémentaire qu’un Etat faible peut facilement sombrer dans la guerre civile et devenir un terreau fertile pour les terroristes ». Le rapport déplore aussi le peu de progrès enregistrés dans le dossier du Sahara Occidental, une question qui assombrit le paysage géopolitique de l’Afrique du Nord depuis plus de 30 ans. Il rappelle que la fermeture des frontières entre le Maroc et l’Algérie depuis 1994 entrave tous les efforts pour promouvoir la coopération économique et sécuritaire entre les deux pays et dans la région en général.

 

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