Les clefs du dossier du Sahara

En soumettant aux Nations unies son plan d’autonomie, le Maroc franchit une étape décisive dans le processus du règlement définitif du problème du Sahara. La communauté internationale est aujourd’hui interpellée pour appuyer la mise en œuvre d’une solution consensuelle et durable dont l’initiative, après trente ans d’atermoiements, revient au Royaume du Maroc. Depuis le déclenchement de l’affaire du Sahara, suite à la réintégration du territoire au Maroc en 1975 , le Maroc n’a cessé de déployer des efforts considérables en vue favoriser une solution équitable dans le cadre de la souveraineté nationale et du respect de son intégrité territoriale. Tous ses efforts se sont en effet heurtés à l’hostilité des gouvernements algériens qui se sont succédé et qui ont fait de cette affaire l’un des piliers de leur politique étrangère.Contestant l’accord de décolonisation du territoire , signé à Madrid le 14 novembre 1975 entre le Maroc, l’Espagne et la Mauritanie, les dirigeants algériens se sont placés en porte-à-faux. Ils ont immédiatement été placés en contradiction avec leur position proclamée des années durant, à savoir que « l’Algérie n’était pas partie prenante » dans la décolonisation du territoire, mais simplement « intéressée ».


Aux différents sommets de l’OUA ou des pays arabes, le président Boumedienne ne cessait de réitérer le soutien de son pays au Maroc et d’exiger la rétrocession du Sahara par l’Espagne à son ayant droit. Cependant, au lendemain de la libération du territoire en novembre 1975 et de la Marche verte, il a opéré une volte-face qui a constitué le point de départ d’une campagne hostile contre la Maroc.
L’Algérie a accueilli ainsi les séparatistes du polisario, dont le nombre ne dépassait guère les 4 ou 5000 membres, elle a crée ensuite en février 1976 la « république arabe sahraouie démocratique » (rasd) qu’elle a propulsée sur la scène mondiale au mépris des principes du droit et, piétinant ses engagements vis-à-vis du Maroc, elle a lancé la même année des agressions à Amgalla et Tifariti où furent capturés des dizaines de soldats algériens par les Forces Armées Royales (FAR). Le monde entier sait pertinemment que l’Algérie n’était pas seulement partie intéressée mais impliquée. Elle n’a jamais cessé de soutenir les séparatistes du polisario, aussi bien sur le plan financier et logistique que sur le plan militaire et diplomatique. Pis encore : elle se substitue à ce qu’elle appelle la « cause sahraouie » comme elle ne le fait pour aucun autre peuple. L’affaire du Sahara est devenue d’autant plus sa propre affaire qu’elle dissimule mal les intentions et les ambitions géo-économiques – devenues hégémoniques –  qui se profilent en arrière-plan : notamment un rédhibitoire désir d’accéder à l’océan atlantique pour l’acheminement de son gaz et pétrole.C’est le nœud gordien qui préside à l’élaboration d’une diplomatie algérienne dont la caractéristique essentielle est de combattre la marocanité du Sahara, de déployer subterfuges et propagande, de bloquer voire paralyser toutes les initiatives en vue d’une solution définitive. Force est de constater que le gouvernement algérien a saboté le plan de règlement de l’ONU de 1991, torpillé l’opération de recensement lancé en 1997 devant constituer la base d’un référendum, en voulant imposant des populations qui n’avaient rien de sahraoui et en excluant les authentiques sahraouis du Maroc. Il a exercé de graves pressions sur l’ancien envoyé spécial de l’ONU, en l’occurrence James Baker, pour imposer un « plan de règlement » arbitraire et partial que le Maroc a rejeté parce qu’il défendait non sans impudence les intérêts de l’Algérie, faisait revenir l’affaire à la case départ et débouchait davantage sur un blocage que sur une solution acceptable. Enfin, dans la foulée le président Bouteflika lui-même s’est ingénié, en 2003, à proposer un cynique « Plan de partition » du territoire, dévoilant la vraie nature de ses ambitions et qui a laissé la communauté internationale à la fois pantoise et déçue.
C’est sur ces entrefaites, conscient aussi de la nécessité de prendre les devants, que S.M. le Roi Mohammed VI a proposé le Plan d’autonomie au Sahara. Les nombreuses tentatives précédentes se sont toutes heurtées à la mauvaise foi du gouvernement algérien qui souffle le chaud et le froid sur ce dossier, affichant son mépris souverain au droit et à la légalité internationale. Le plan d’autonomie est l’œuvre d’un consensus et d’un débat démocratique et participatif, conduit à l’échelle locale et nationale.  Il accorde aux populations du Sahara une large autonomie, des institutions représentatives et un cadre évolutif à l’image des systèmes similaires qui existent et fonctionnent de par le monde où les populations gèrent directement leurs affaires locales. L’autonomie régionale au Sahara constitue l’ultime solution après que les efforts de l’ONU aient été combattus et rejetés par l’Algérie, que le plan de règlement de l’ONU ait été saboté. Il constitue aussi une avancée originale , audacieuse, d’autant plus démocratique qu’il est le fruit consensuel de larges consultations au niveau des populations du Sahara et des instances nationales. Jamais plan de règlement pacifique n’a fait l’objet d’une aussi large concertation à l’échelle nationale et internationale et n’a autant reçu un accueil favorable spontané. Sauf à se résoudre à la sempiternelle mauvaise grâce algérienne, il représente le plan de la dernière chance, la clé du problème et une invite au gouvernement algérien à se rendre à l’évidence et à épouser l’avenir.

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